Insatiable: A bingewatcher?

Cet été, si jamais vous vous êtes envolés vers une lointaine destination, et si vous en avez profité pour couper tous vos réseaux sociaux, alors, vous êtes peut-être passés à côté de la série qui a créé la polémique: Insatiable. Dans cet article, je vous donne mon avis sur cette série

débutAvant même que la plate-forme Netflix ne mette en ligne les épisodes de la série Insatiable, celle-ci a fait couler de l’encre. Sur les réseaux sociaux, des internautes s’inquiétaient de la rhétorique grossophobe autour de laquelle cette série semblait avoir été construite: https://www.youtube.com/watch?v=SFSw9kEC1I4

Personnellement, je n’ai pas regardé la bande-annonce, ni lu le pitch de la série avant de me lancer dans le visionnage. Donc quand la série a essuyé des critiques, et a été étiquetée comme étant un show grossophobe, je me suis dis que les personnes ayant émis ces critiques ne devaient pas avoir compris qu’Insatiable était censé être une série comique. N’ayant aucun a priori sur ce show télévisé, et étant plutôt enthousiaste à l’idée de regarder un programme qui aborde la question des complexes liés à l’apparence physique, je me suis lancée dans le visionnage d’Insatiable.

Qui retrouve-t-on au casting?

L’actrice principale est Debby Ryan, je ne la connaissais pas du tout avant d’avoir regarder Insatiable. A ses côtés, on retrouve des personnalités plus connues telles qu’Alyssa Milano (Charmed), Chistopher Gorham (Jake 2.0), ou encore William Baldwin (Gossip Girl). Je vous cache pas que je suis très surprise d’avoir vu Alyssa Milano et William Baldwin figurer dans cette série.

casting

Et l’intrigue alors?

Insatiable raconte les tribulations de Patty, une lycéenne en manque de popularité. Un soir, un SDF s’en prend à elle, et lui donne un coup de poing, ce qui va lui détruire la mâchoire. Ne pouvant plus se nourrir autrement qu’en ingérant des aliments sous forme liquide, à la rentrée, c’est une nouvelle Patty , svelte, qui arpente les couloirs du lycée. La jeune femme métamorphosée, fera ensuite la rencontre de Bob, un avocat passionné par les concours de beauté. Celui-ci décide de coacher Patty, afin qu’elle puisse remporter le concours de Miss Magic Jesus. En parallèle, la série suit aussi la vie amoureuse de l’adolescente, ainsi que la vie familiale et professionnelle de son coach. La question de l’identité sexuelle est également abordée au travers du personnage de Nonnie, la meilleure amie de Patty.

Ce que j’en ai pensé

diversiteSi je devais donné un bon point à Insatiable, ce serait pour la diversité que l’on retrouve au casting. Contrairement à de nombreuses séries, ici, on n’a pas à faire à une Amérique exclusivement blanche. On a des personnages asiatiques, des afro-américains. Il faut aussi noter de la pluralité au niveau des genres, étant donné qu’il n’y a pas que des hommes et des femmes, mais aussi des trans (présents dans un épisodes)

insatiabledee&patty

Cependant, si j’ai trouvé que la diversité était bel et bien présente au sein de cette série, je l’ai parfois trouvée un peu gênante. Notamment dans le cas du personnage de Dee, joué par Ashley D Kelley. Pour moi, ce rôle de femme noire, grosse et lesbienne, était un petit peu… too much! Non pas que je ne crois pas à l’existence de femme noire, forte et homosexuelle. Je pense simplement que le fait qu’elle soit à la fois noire ET grosse ET homosexuelle n’était pas essentielle pour le déroulement de la série – caster une femme blanche grosse et lesbienne aurait tout aussi bien fait l’affaire – Je dirais même que cette surcharge d’identité, nuit à la qualité du personnage, qui lors de sa première apparition assène une répartie cinglante au personnage de Dixie (Irene Choi) suite à une remarque grossophobe concernant son inscription à un concours de beauté. Dee lui a simplement répondu: « Je suis là pour prouver qu’il n’y a pas qu’un seul type de beauté. »

ashleydkelleyToujours sur le personnage de Dee, après réflexion, je pense que son rôle a été construit pour représenter l’anti-thèse parfaite de Patty. A côté du personnage principale, blanche, svelte, indécise en amour, à la recherche de l’approbation des autres et de l’attention des hommes, on a Dee, noire, ronde, très bien dans sa peau, à l’aise avec son identité sexuelle, et surtout sûre de son choix de partenaire (Nonnie)

Insatiable se voulant être une comédie, on y compte de nombreux moments totalement WTF. Et très souvent, ceux-ci ne marchent pas, car ils manquent de cohérence avec le reste de l’histoire. Pêle-mêle, je pense au kidnapping qu’avait prévu Patty, qui finit par se retourner contre elle; mais aussi à la séance d’exorcisme, ou encore à la manière dont on découvre qui est le père de Patty. Le seul élément un peu loufoque auquel j’ai adhéré, c’est la relation entre Bob Armstrong et Bob Bernardt. Dès le début, on sent une tension sexuelle entre ces 2 personnages, et on a envie de voir où est-ce que cette histoire va aller.

L’autre point qui m’a dérangée par rapport à cette série, c’est l’absence d’identification claire des valeurs défendues par celle-ci. L’un des éléments clé de l’intrigue de la série est la participation de Patty à l’élection de Miss Magic Jesus, et parmi les personnages, on a un pasteur (lequel est en charge du concours de beauté). Il y a donc une présence particulièrement marquée de la religion chrétienne, dans une série qui ne se revendique pourtant pas comme étant conservatrice. A côté de la religion cohabitent trans et homosexualité. Un mélange des genres qui n’aide pas à comprendre quel peut bien être le positionnement de cette série.

En revanche, à la fin (totalement chaotique) d’Insatiable, on décèle une morale, laquelle sous-tendrait que la vengeance ne mène à rien.

Enfin, à la question de savoir si Insatiable est une série grossophobe, malheureusement, je ne peux répondre que oui. A de nombreuses reprises, on surprend le personnage principale se plaindre du fait que son poids serait un handicap social. Pire, dans un épisode, il me semble que Patty va même jusqu’à dire: « Je suis grosse, je suis moche et je ne mérite pas de vivre ». Une équation douteuse, qui n’est pas la seule que l’on retrouve dans cette série. Au chapitre des jérémiades de la jeune femme, on a également droit à: être grosse = ne pas pouvoir jouir de sa sexualité; ou encore être grosse = ne pas avoir d’amis. Autant d’éléments prouvant qu’Insatiable est la pire série que l’on pourrait faire regarder à une ado complexée par son physique. L’effet serait dévastateur en termes d’estime de soi.

fin

Insatiable n’est donc pas à bingewatcher, à moins d’avoir du temps à perdre, et de ne pas être complexé par son apparence physique.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s