Nappily Ever After: une revue

Comme bon nombre des femmes noires, dès que Netflix a sorti le film Nappily Ever After, avec Sanaa Lathan à l’affiche, je me suis empressée de me rendre sur la plate-forme, pour le visionner. Dans cet article, je partage avec vous une revue de ce film, et je vous dis en quoi Sanaa Lathan dans ce film, a tout de la boss lady!

NEA CHAPO

Annoncée en grande pompe il y a quelques années, à l’aide d’une vidéo teasing poignante, où l’on pouvait voir Sanaa Lathan se raser la tête, c’est sans surprise que la sortie de Nappily Ever After a créé l’événement à sa sortie.

NEA WEAVE

Le pitch? Une femme noire (Sanaa Lathan), travaillant dans le secteur de la pub – plus précisément dans la publicité cosmétique – décide de revenir au naturel suite à un défrisage raté, ainsi qu’à une rupture amoureuse. Affectée par sa situation sentimentale, son travail lui pèse de plus en plus. Ses supérieurs l’incitent à prendre quelques jours pour elle. Une fois rentrée de congé, celle-ci se rend compte qu’évoluer dans l’industrie cosmétique ne lui convient plus, et décide de s’orienter dans le domaine du sport. Sans grand succès. Elle finit donc par quitter sa boîte. Parallèlement à ça, ses déboires capillaires l’ont conduit à rencontrer un homme, coiffeur de son état (donc aux antipodes de ce que pouvait être son ex -médecin- et présentant également un profil différent de ce que la mère de l’héroïne attendait pour sa fille) père d’une exubérante petite fille, de qui elle va finir par s’attacher.

Nappily Ever After… une comédie romantique

Ce n’est pas ce à quoi je m’attendais, je pensais que ce film serait plutôt un drame. J’en ai discuté avec ma sœur, qui m’a dit être déçue de ce film. Elle s’attendait à quelque chose de plus ancré dans le réel, et s’est montrée très critique envers la scène du big shop.

NEA HT

Pour ma part, j’ai trouvé que ce film avait trouvé le bon moyen d’aborder des sujets dans lesquels beaucoup de femmes noires peuvent se reconnaître:

  • injonction au port du cheveux lisse
  • lutte pour préserver son lissage/défrisage
  • big chop
  • regard des collègues quand on travaille dans un environnement majoritairement blanc et que l’on remet en cause les critères de beauté caucasiens
  • la pression familiale autour du choix du conjoint
Nappily Ever After… mon avis

NEA ROM COM

Pour moi, Nappily Ever After n’est pas le film de l’année, mais j’ai trouvé très intéressant le fait que le cinéma américain s’empare de la problématique du retour au naturel. Une sortie de film s’inscrivant dans un contexte de baisse de la consommation des produits défrisant chez les femmes afro-américaines. USA Today a réalisé une étude prouvant qu’entre 2006 et 2011, les ventes de produits défrisant ont connu une baisse de l’ordre de 17%.

Le second bon point que l’on peut donner à ce film, c’est le fait qu’il met en scène une femme noire cadre, qui si elle apparaît comme étant l’archétype de la femme afro-américaine parfaite lors des premières minutes du film, finit par montrer sa vulnérabilité, ce qui fait écho aux problèmes de charge mentale chez les femmes racisées dont on entend beaucoup parler ces temps-ci.

Et le fait de voir une femme noire ayant tout pour elle au niveau professionnel se détourner du défrisage et des tissages, est le genre de représentation dont nous avions désespérément besoin.

Les seuls points négatifs que j’aurai à donner à Nappily Ever After, sont les suivants:

  • le fait qu’au début du film lorsque la mère de l’héroïne lui lisse les cheveux on voit très bien qu’il s’agit d’une perruque. C’est dommage, ça enlève un peu à la symbolique de la scène
  • le deuxième point qui m’a dérangé, c’est la fin du film. Je m’attendais à ce que Nappily Ever After soit une véritable ode à l’EMPOWHERMENT du début à la fin. Malheureusement, à la fin du film, Sanaa Lathan convole avec le coiffeur. Ce qui m’a donné l’impression qu’elle n’était pas vraiment devenue nappy pour elle, mais plutôt pour plaire à un homme. J’aurai préféré une fin où l’héroïne aurait monté sa propre boîte seule, et pourquoi pas un deuxième film dans lequel on aurait suivi son histoire d’amour naissante.

NEA LOVESTORY

Nappily Ever After… une boss lady en héroïne

Si on va au-delà de l’aspect un peu mièvre de cette comédie romantique, on se rend compte que dans Nappily Ever After, Sanaa Lathan est en fait une battante! Une femme qui n’a pas peur de prendre des décisions.

  • sa rupture avec son fiancé: il avait tout pour lui, le physique, la carrière, et il était au goût de la mère de l’héroïne. Certes, c’est lui qui est parti la première fois, mais quand il a décidé de revenir, Sanaa n’a pas hésité à quitter le confort certain que lui offrirait une relation avec lui, au profit d’une relation dans laquelle elle se sent plus épanouie.
  • Son changement de travail: là encore, quand l’héroïne ne se sent plus en phase avec son activité professionnelle, elle ne tergiverse pas en se demandant comment elle va faire pour payer ses factures…non… elle s’en va. Tout simplement
  • son émancipation familiale: on le sait, nos parents peuvent avoir tendance à vouloir prendre le contrôle de nos vies à nos places. Ici, l’héroïne, qui est pourtant indépendante en tout point, vit sous le joug de sa mère, qui se fait une joie d’avoir son mot à dire, tant sur son apparence physique que sur sa vie sentimentale. A la fin du film, l’héroïne est une femme tout autre, libérée des injonctions capillaires véhiculées par la société et largement relayées par sa mère. Elle est également en couple avec un homme qui n’a rien à voir avec ce que sa mère souhaitait pour elle.

NAE MONAVIS

Voilà pour cette revue sur Nappily Ever After!

Avez-vous vu ce film?

Qu’en avez-vous pensé?

Je vous souhaite à tous une excellente année 2019, et comme l’héroïne du film, j’espère que cette année vous aurez la force de quitter toute relation/activité qui ne vous procure pas de bonheur!

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4 réflexions sur “Nappily Ever After: une revue

  1. Sara dit :

    Hello!

    Très bonne revue du film que j’ai beaucoup apprécié, pour ma part 🙂
    Tout comme toi, je pense que le film n’est peut-être pas assez élaboré pour les personnes qui s’attendent à voir des choses précises concernant le big chop/les nappy mais pour faire une « introduction » ou du moins parler d’une certaine réalité que vivent beaucoup de femmes dans la société actuelle, le film le fait plutôt bien sans forcer ou pas assez.

    Ca fait plaisir de voir ce genre de film où l’on peut retirer des leçons utiles quand même : la place de la femme dans la société, forte et battante malgré tout.

    xx

    J'aime

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