La Farisienne

Portrait au vitriol d’un certain type de parisienne que j’ai rencontré, et qui m’a profondément exaspérée.

Elle a quitté sa province natale, pour la capitale, et depuis, s’est donné pour mission d’incarner à elle seule le chic français: la Farisienne.

Elle ne jure que sur le rouge qu’elle étale quotidiennement sur ses lèvres, et celui qu’elle boit tard le soir, en terrasse ou terrée dans les quelques mètres carrés d’une personne qu’elle connaît.

La Farisienne se veut sophistiquée, et si son porte-monnaie le lui permettait, elle ne s’habillerait que de pièces shoppées chez Sézanne, Rouje, ou Comptoir des Cotonniers. Mais n’étant pas riche, elle doit se contenter de vêtements achetés chez H&M, Primark et Les doigts d’une fée. Qu’importe, la Farisienne maîtrise à merveille l’art de concocter des tenues trendy, ou sexy, à la manière d’une Dita Von Teese.

Jouant de ses charmes, de son teint diaphane, et de sa taille de guêpe, elle connaît très bien l’étendue de son sex-appeal, et sait que ce dernier pourrait faire oublier l’absence d’étiquette provenant d’enseigne pour femme embourgeoisée, à n’importe quel mâle, en quête d’amour d’un soir ou d’amour ponctuel. Quoiqu’il en soit, la Farisienne est une femme libérée, qui aime le répéter à qui veut l’entendre. Tentant de s’auto-convaincre qu’il ne s’agit pas d’une tentative désespérée d’oublier son premier amour. Celui qui s’en est allé.

Pas le temps de s’apitoyer sur son sort. La Farisienne sort, fréquente les les lieux branchés de la capitale. Désormais, son horizon s’est élargit. Elle n’a plus rien de la petite provinciale franchouillarde qu’elle était. Elle ne vit que pour les soirées arrosées, passées aux côtés de sa meilleure amie métissée. Celle qu’elle idolâtre parce qu’elle est noire. Mais pas trop. Celle qu’elle idolâtre pour sa peau. Caramel, lumineuse, rayonnante, qui lui vaut de s’attirer tous les regards. Un binôme inespéré, permettant à la Farisienne de composer un duo, continuellement placé au centre de l’attention.

Nouvelle chantre du multiculturalisme, la Farisienne affiche son statut de femme woke. A coup de posts engagés contre les violences policières ou le racisme ordinaire, sur Facebook ou Instagram.

Quid de la présence de personnes noires dans sa vie ? La Farisienne n’affectionne que les mâles ébenes et viriles. Qu’elle collectionne. Toujours en quête de subversité et de sensation.